VINCENT ROCA

Journal de certains jours du mois

 
Le trésor de Rackam le rouge
 
Journal de certains jours du mois, à l'envi et à l'envie, quand ça vient, quand ça va, ou quand ça va pas, à l'occase, au débotté, au jour le mois, question d'idées...

Mois précédents :

 Archives

 

22 avril : le trou du souffleur de Langevin
Tourbillon or not tourbillon ?



1er avril : # Balance ton porc


29 mars : la bêtise militante

"Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j'ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice" 

On sait que le bêtise est la chose la mieux partagée dans ce monde. Grâce à Internet, notre divine toile (en l'occurrence, la toile se fait serpillère...), la bêtise a trouvé un support idéal pour s'étaler, se propager et s'enluminer...

Qu'est-ce que la bêtise ?

Si l'on s'en tient au langage courant, simpliste, est dit "bête" celui qui, comme les animaux (les "bêtes") manque d'intelligence. Ainsi la militante végane qui a fait la déclaration ci-dessus à propos de l'assassinat du chef de rayon boucherie au super U de Trèbes, a poussé la "véganitude" jusqu'à se faire plus bête que ses chères bêtes...


19 février : 
Des bananes d'honneur...

17 février : une grappe d'yeux 
La nature nous regarde...

16 février :

L’ancien archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a annoncé jeudi qu’il renonçait à son rôle d’ambassadeur pour l’ONG britannique Oxfam, éclaboussée par un scandale de harcèlement sexuel. Dans un communiqué Desmond Tutu se dit "profondément déçu par les accusations d'immoralité et de possibles comportements criminels impliquant des travailleurs humanitaires" liés à l'ONG.

«  Desmond Tutu, tout, tout, vous saurez tout sur le zizi »


9 février

« Je n'ai jamais fait l'amour à quelqu'un si une personne me dit non ».

Monsieur Gilbert Rozon accusé de violences sexuelles dans l'exercice des ses fonctions 
par une vingtaine de femmes a une drôle de façon de s'exprimer... "Je n'ai jamais fait l'amour à quelqu'un si une personne me dit non".

Autrement dit, si une personne me dit oui, je fais l’amour avec quelqu’un sans problème. Même si la personne en question n’est pas le quelqu’un (ou la quelqu’une) en question. Par exemple, si le facteur me dit oui, je fais l'amour avec la femme de ménage. Même si elle n'est pas d'accord, puisque le facteur a dit oui... 

Ou alors c'est que je n'ai pas bien compris.

Monsieur Gilbert Rozon a créé en 1983 le Festival "Juste pour rire" à Montréal.



Ah ben c'est ça... c'est juste pour rire...


6 février

« Il y a une fenêtre historique pour sortir de la logique de conflit » 

Il y a donc un mur.

Un mur, comme tous les murs, infranchissable en lui-même. Un mur, comme tous les murs, pas naturel, ça ne pousse pas les murs. On ne peut même pas les pousser, en principe. Quelqu’un a bien du prendre son petit seau, sa petite pelle, ses petites briques et son petit ciment pour le construire, pour l’édifier. On édifie un mur. Et le mur édifie aussi, parfois. On en connaît des murs édifiants. Des murs « parlants ». Oui, je sais, on en connaît qui ont des oreilles. Et s’ils ont des oreilles, ils ont des pavillons. Et les pavillons ont des murs, on n’en sort pas. Mais justement, c’est parce qu’il y a des murs qu’on n’en sort pas.

Le mur des Lamentations, par exemple. Il est tellement édifiant qu’il est qualifié de saint. C’est étrange, pour un mur qui sépare deux religions. Mais, vu son âge (il fut bâti au premier siècle de notre ère), je doute qu’il soit très sain. Le mur des lamentations, sain ? Sans humidité et sans fissures ? Excusez-moi… Il paraît qu’on y glisse des bouts de papiers sur lesquels sont inscrits des prières. Vous imaginez un mur sans fissures ? Il faudrait prier avec un marteau et un burin… Et pardonnez-moi, mais les lamentations… des geignements, des pleurnicheries, des larmoiements… pas d’humidité ? Des jéramiades, des gémissements, des plaintes… Le mur des plaintes. Des plinthes.

Au fait, savez-vous que le crocodile lamente ? Du crocodile aux larmes, il n’y a qu’un pas… ou un rampement. Ainsi vont les crocodiles : ils rampent ou ils marchent. Comme les escaliers. Qui longent les murs.

Les murs se lézardent. Se crocodilent.

Et le mur de Berlin ?
Un mur ubain. Principalement.
Bien que pas très urbain. Socialement.
Ouvrage de maçonnerie. Localement.
Et de leur connerie. Littéralement.
Un mur d’escalade. Également.
Un mur qui n’était pas porteur. Paradoxalement.
Dont le franchissement était condamné. Pénalement.
Que valait-il ? Archtecturalement parlant…
Il séparait. Idéalement. Verticalement.
De chaque côté, les points de vue étaient opposés. Diamétralement.
Il n’était pas sain. Fondamentalement…
Symbole de la guerre froide dans le monde. Globalement. Glacialement.
Il était dans l’air du temps. Banalement.
Il est tombé. Finalement.

Et le mur de monsieur Trump ? 3000 km de long. Ça fait un paquet de briques. En argent. Et en béton. Un mur que l’on suppose sans fenêtre, sans porte, sans balcon, sans fleurs… Qui séparera deux états. Bizarrement, la fusion sépare deux états. L’état solide et l’état liquide. La fusion entre le Mexique et les États-Unis n’est pas pour tout de suite.

ll y a donc un mur.

Et une fenêtre.
Une ouverture. Pour faire pénétrer l’air et la lumière.
Et éventuellement quelques bribes de dialogue. 
Mais une ouverture bien encadrée.
Même si certains chambranlent.

Et tout cela pour quoi ? Pour sortir de la logique du conflit.

Ah. Donc il y a conflit.
D’où le mur.
Pour séparer les belligérants.
Et si l’on a choisi une fenêtre, plutôt qu’une porte, c’est qu’on n’a pas l’intention de passer de l’autre côté. Chacun chez soi.

Attention, ce n’est pas pour sortir du conflit. Ce serait trop beau. Non, c’est pour sortir de la logique du conflit.

Ah oui, j'oubliais ! Il y a une logique du conflit. Une succession cohérente, régulière et nécessaire 
d’évènements conflictuels…
Si c’est cohérent, régulier et nécessaire, on ne voit pas trop l’utilité d’en sortir…

Bref. La fenêtre est historique. Des vitres mémorables. Une poignée emblématique. Un linteau inoubliable.

Espérons juste que la fenêtre ait une dimension raisonnable.
Il ne faudrait pas que ce soit une meurtrière.


31 janvier : de la bouche à la couche...





 

« Après Nutella, Intermarché récidive avec Pampers »
Après la pâte à tartiner, les couches culottes, ou comment recueillir ce que l’on a semé…
Aux deux extrémités du tube digestif, Intermarché bichonne sa clientèle.






Du cacao, au caca bas...


30 janvier

Le meurtre politique de François Fillon ? Un suicide déguisé…

Ouf, nous connaissons l’assassin, c’est Fillon lui-même. Les journalistes du Canard lui ont proposé la pendaison, un avocat « franco-libanais » lui a offert un costume tout neuf, ses amis politiques lui ont prêté le tabouret, sa femme a passé la corde sur la poutre, ses enfants la lui ont passé autour du cou, et Juppé a tiré le tabouret. Mais personne ne l’a obligé à se prêter à cette mascarade, il est seul décideur, d’ailleurs dans les trois quatre secondes qui ont séparé le saut dans le vide et la mort politique, tous ses amis ont disparu. Il a été retrouvé, comme il se doit, par la femme de ménage, le matin, qui, on ne sait pas pourquoi, s’est mis en tête de nettoyer le corps, d’effacer les marques de coups, d’extraire les balles, de ranger les couteaux, de retirer le garrot, de siphonner les poisons et d’enlever toute trace d’ADN étranger.

Il paraît que Fillon est enterré dans un fonds d’investissement.


28 janvier 
 




Sa famille a reçu, dans la matinée, un cercueil à monter soi-même. La date et le lieu de l'enterrement seront fixés quand le meuble sera monté.


26 janvier : Monsieur Wauquiez, agrégé de langue de bois

Moi je suis Auvergnat, chez moi on sait compter"

Ça fait déjà deux moi…
Presque trois. Laurent Wauquiez s’adonne à son « je » favori.

Je n’aime pas ce « je ». Je n’aime pas monsieur Wauquiez. Je ne l’aime pas. Non. Pas du tout. Vous me direz personne ne te demande d’aimer Wauquiez. Alors pourquoi évoquer Wauquiez ? C’est pour ma page d’écriture quotidienne. Je traque les bouffis, les pompeux et les porteurs de vide. Monsieur Wauquiez est un sublime porteur de vide. Gonflé au creux. Monsieur Wauquiez, comme tous ses collègues politiques, pratique la langue de bois, mais il y excelle. Si tant est que l’usage du verbe « exceller » (être supérieur, atteindre un certain degré de perfection) soit approprié quand on parle de monsieur Wauquiez.

Monsieur Wauquiez est poncifiant, si je puis me permettre. Clichiste, fadaiseur et platidudinaire. Si l'Auvergnat qui sait compter n'est pas un poncif, qu'on me jette la première pastèque. 

Voici donc un petit florilège, extrait de l'intervention de monsieur Wauquiez lors de "L'émission politique" hier soir (non je n’ai pas regardé, je vais à la pêche sur le net, pardonnez-moi) :

« Il faut tourner la page »
« C’estttt hors de question ! » avec le t qui claque comme un fouet
« Laissez-moi parler je ne vous ai pas interrompu », bien sûr, la clé de douze des interviewés
« Porter un nouveau projet »
« Ce que je souhaite c’est qu’on remette tout à plat »
« J’aborde des sujets qui sont importants pour les français »
« Et j’essaie d’apporter les réponses dont je pense qu’elles permettront d’amener notre pays dans une meilleure direction »
« J’ai fait un choix et ce choix je l’assume, c’est de me remettre en question »

Je sais, c’es très facile de sortir toutes ces petites phrases de leur contexte (en un seul mot, il faut toujours préciser). Alors, je vous propose cette longue phrase qui laisse, elle, au vide le temps de faire son trou, de se prendre une bonne bière bien fraîche et de s’étaler dans le canapé du futile (notez au passage dix « je », une syntaxe qui marche sur trois pattes, des incohérences grammaticales…) :

« J’ai eu la chance de faire les grandes écoles de la République et j’en suis fier et j’en connais aussi les limites, j’en connais les contours de sa pensée unique, je sais aussi la façon dont elles formatent les esprits, et j’ai fait un choix qui est un choix de me libérer et l’homme qui est devant vous, effectivement, est quelqu’un qui est passé à travers l’épreuve du terrain, […]*, de ce que j’ai vu, de ce que j’ai vu aussi petit à petit d’une société française que j’aime, et dont il m’a semblé qu’elle perdait progressivement ses repères… eh bien ce que je défends, c’est cette idée pour moi très simple que je ne crois pas qu’on construira la réussite de la France en tournant le dos à toutes les valeurs et tous les repères qui nous ont construits »

* La Haute-Loire, mais on s’en fout

« Les écoles de la République : j’en connais les contours de sa pensée unique. » Ainsi donc, dans les écoles de la République, on n'apprendrait pas à parler le français ? 


Et si vous le révoquiez, cet âne bâté ?


25 janvier : France is back

« France is back » Emmanuel Macron, Davos, 24 janvier 2018.

Yes, monsieur Macron. La France est de retour, je suis fier de vous ! Elle avait déserté, filé à l’anglaise probablement, brebis égarée. Vous êtes allé la chercher, bon pasteur, et vous l’avez ramenée au bercail, à Davos, au Word Economic Forum.

Qu’on ne se méprenne pas, le Word Economic Forum est une simple fondation à but non lucratif. Donc qui n’engendre pas le lucre, c’est-à-dire le profit, le gain recherché avidement. Non, non.

Nul enrichissement personnel, comme en témoigne le pedigree des participants :
- Les dirigeants des grandes entreprises mondiales (chiffre d’affaires minimum exigé de 5 milliards de dollars, cotisation annuelle au forum : de 50 mille à 500 mille euros) + droit d’entrée au forum + nuitées d’hôtel). Si l’hôtel est complet, ou trop cher, on trouve des Airbnb à 4000€ la nuit, il n'y a pas de petit lucre…
- Les dirigeants des pays
- Des universitaires (les seuls vraiment invités, la gamberge, ça ne nourrit pas son homme !)
- Des journalistes (leur média paie déplacement et hôtel, 400€ la nuit pour une chambre sans toilettes)

Le tout dans une charmante station de ski recouverte par le blanc manteau de la neige (et qui dit manteau dit « sous le manteau »…), en Suisse, pays non lucratif également.

Dans la plus haute instance du forum, le Conseil de la fondation, figure, entre autres, le PDG de Goldman Sachs, vous savez cette banque d’investissement (d’engloutissement ?) qui s’est joliment enrichie lors de la crise des surprimes il y a une dizaine d’années… mais c’est fini tout ça, promis, juré.

C’est juste pour causer.
"Pour améliorer le monde", disent-ils...


24 janvier : retour sur la vanne

Permettez-moi de revenir au mot vanne, quand il est employé par les humoristes, je parle de ces humoristes qui pointent à l’humour comme à l’usine, qui produisent du rire à la chaîne, stakhanovistes du « punchline », obsédés de l’efficacité comique (on peut s’amuser à regarder sur le Net, ces vidéos où l’on nous met en parallèle un humoriste américain - totalement inconnu chez nous - et un humoriste français qui lui a « piqué » ses vannes. Oui la vanne et le gag visuel sont des produits de luxe qui se volent ! On se rappelle les précédents, Michel Leeb et Jerry Lewis, ou Roland Magdane et Pierre Légaré… Il est difficile de trouver une vanne qui « marche » ! Alors, par paresse intellectuelle, par flemme ou par nécessité, on va faire son marché chez les autres…)

Car, une bonne vanne est une vanne qui marche ! Croyez-le ou non, mesdames et messieurs, 
certaines vannes, mêmes tout juste sorties du cerveau de nos comiques, marchent ! Et c’est le public qui les fait marcher. Miracle ! Le stand-up à l’américaine (encore !) nous a donné la marque de fabrique de la pratique humoristique moderne : du rire toutes les 30 secondes (15 secondes, c’est encore mieux !), du rire direct, inutile de créer du decorum autour, pas de silence, pas de temps mort, pas d’effet dramatique, la chute, la chute, la chute ! Oui, bizzarrement, la vanne qui marche est celle qui chute ! Et qui chute vite ! Donc moins elle marche, plus elle chute et plus elle marchera !

Mais là n’est pas le problème. Le problème, c’est l’humour. Plus la vanne est courte, mieux c’est. Bon. Nous avons bien compris. Le problème, c’est que plus la vanne est courte, moins l’humour n'a de place pour se loger… Ce n’est pas que l’humour ait besoin d’explication, non ! Mais l’humour a besoin de place pour tendre son piège. Oui, l’humour est rarement là où on l’attend. Il a donné rendez-vous, mais vous a posé un lapin. L’humour c’est une déviation, c’est un chemin non carrossable, c’est miné. Gare à vos fesses !

Prenez le texte de Pierre Desproges « On me dit que des juifs se sont glissés dans la salle… ». Cette courte phrase qu’il pronnonce après quelques chuchotements en coulisse, est le tout début du texte. Et si vous en jugez par le rire qui vient tout de suite après, c’est une vanne ! Je vois d’ici les humoristes stakhanovistes pré-cités, ouvrant des gobilles de loup affamé… 
Regardons ça de plus près :
1er rire au bout de 15’’
2ème rire à 28’’
3ème rire à 42’’
4ème rire à 1’10’’

Pierre Desproges, le stand-up avant l’heure, un rire toutes les 17’’, c’est un exploit. Oui mais voilà, Desproges tend son piège. Il joue l’efficacité pour amener le public ailleurs, là où il veut l’amener, neuf minutes plus loin… Et le rieur de la première minute sera tout étonné, ravi et estomaqué à la fois, de se trouver là…  emberlificoté dans les rets de Desproges, enhumouré au cinquième degré…


23 janvier : l'avantage de la vanne sur le long texte humoristique...



PS Le texte de Desproges, tout de même, en plus gros...
Desproges.pdf
ou :


22 janvier : ex(Bo)cuse !

« Il était à la cuisine ce que Johnny était à la musique : une icône populaire. »

Cette phrase tirée d’une interview de Vincent Ferniot suite au décès de Paul Bocuse est un petit monument de forfanterie phatique (j’adore ce mot phatique, c’est de la linguistique, en gros ça veut dire un machin qu’on dit tout le temps, qui maintient le contact mais qui ne comporte aucun message : allô, je vous en prie, je vais vous dire, vous me suivez, le plus bel exemple étant sans contexte (contexte en un seul mot) l’expression « je dis ça je dis rien » qui non seulement est phatique, mais reconnait dans son libellé qu’elle est phatique ! Du phatique au carré si j’ose dire). Revenons donc à notre fanfaron et à sa phrase pleine de vide.

Première évidence : il était à la cuisine. Parlant de Paul Bocuse, vous m’accorderez qu’il s’agit bien d’une vérité première (pléonasme), d’une banalité d’envergure (oxymore), d’une totologie (lapallissade déguisée en histoire de Toto), avec deux vocables en béton constituant les fondations de la palissade : l’imparfait était, qui nous rappelle que Bocuse n’est plus (dans son assiette), et le parfait cuisine qui nous prend par la main et nous conduit, subtil et discret GPS, au centre du propos. (Au fait, Bocuse sera-t-il incinéré, légèrement doré sur le feu comme sa fameuse poularde de Bresse ? De repas (exceptionnel) à repos (éternel) il n’y a qu’une lettre, une lettre, ça a son importance, comme en témoigne la lettre c de Bocuse, qui, s’il arrivait malencontreusement qu’on l’oubliât, transformerait notre gloire nationale en matière bovine excrément indigeste…)

Deuxième évidence : Johnny était à la musique. Dans un magnifique balancement sémantique, Ferniot nous fait passer de Bocuse à Johnny, de la cuisine à la musique, le toujours présent, mais imparfait, était nous rappelant que Johnny, lui aussi n’est plus (disons qu’il était déjà un peu has been, il est dorénavant play back à 100%). Notez qu’il y a dans cette deuxième évidence, au-delà de l’hommage au commandant Cuistot, une volonté d’inscrire Johnny dans l’histoire de la musique, aux côtés de Mozart, Chopin, Debussy et John Lennon, c’est osé, c’est couillu, mais c’est le principe même du discours phatique, il faut remplir l’espace, il faut du lourd, on est dans le gratin, pas dans l’amuse-gueule !

Troisième évidence : Une icône populaire. La philosophie nous a habitué à la trilogie souveraine, le « plan dialectique » comme on l’appelle, Bocuse aurait dit fraise, beaujolaise, française et Johnny pèze, charentaise, balèze, nous avons eu ici la thèse, Bocuse est à la cuisine, l’antithèse, Johnny est à la musique, voici la synthèse, le pompon, la sottise sur le plateau : une icône populaire. Puisqu’on est dans la mort jusqu’au cou, il nous fallait bien un peu de religion, un peu de sainteté, et surtout de la vénération, du respect, de l’adoration, voilà, de l’iconolâtrie pour tout dire (ou c’est moi qui mets certaines lettres en gras). Une icône, on se met à genoux devant, on ferme sa gueule, on prie… Et quand en plus l’icône est populaire (prix du repas moyen chez Bocuse 220€, prix moyen des places pour les Vieilles Canailles à Bercy 170€), quand elle appartient au peuple, au populo, au bétail, à la masse, il n’y a plus qu’à fermer sa gueule, voter et rentrer chez soi. 

Pour conclure, je dirai que Vincent Ferniot n’a pas l’apanage de la forfanterie. Les qualificatifs pêchés dans les médias pour désigner Paul Bocuse en témoignent :

Le grand chef français
Le cuisinier du siècle
L’infatigable héraut du prestige tricolore
Le pape de la gastronomie fançaise
Le primat des gueules
Star parmi les stars des fourneaux
L’incarnation de la cuisine française
Le Mao-tse-toung de la toque.

Vous reprendrez bien un peu de nouilles ?


21 janvier : une nouvelle de tout premier ordre

Il s'agit du premier attentat déjoué depuis le début de l'année par la DGSI", a déclaré à l'AFP une source proche de l'enquête.

Nous ne reviendrons pas sur « une source proche de l’enquête », étudiée précédemment (voir 20 janvier), mais nous nous intéressons aujourd’hui à l’information elle-même, diffusée par la dite source proche de l’enquête et dont le contenu, que nous pouvons d’ores et déjà taxer d’explosif, justifie à lui seul une publication par l’AFP, agence de presse mondiale chargée, comme on le sait, de collecter, vérifier, recouper et diffuser l'information, sous une forme neutre, fiable et utilisable directement par tous types de médias (radios, télévision, presse écrite, sites internet) mais aussi par des grandes entreprises et administrations : il s’agit du premier attentat déjoué depuis le début de l’année. Nous sommes le 21 janvier 2018, trois semaines après le 1er janvier,  il fallait bien que ça arrive, ce n’est pas un attentat, juste une tentative, mais ce n’est pas là ce qui retient l’attention de la source, non, c’est, attention, accrochez-vous, le PREMIER attentat déjoué DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE. Que ce soit le 12ème depuis le début de l’année 2017 n’est pas très important, le 22ème depuis 2016, pas de souci, non, ce que la source proche de l’enquête nous révèle c’est que depuis le 1er janvier 2018, date à laquelle, rappelez-vous, tout devait changer, nous rentrions dans une ère de paix et de prospérité, tous les « bonne année » essaiméssés sur la toile ce jour-là le prouvent, oui mais crac, voilà, c’est fait, c’est le premier attentat déjoué depuis le début de l’année. La source proche de l’enquête ne peut pas encore nous dire s’il s’agit du DERNIER attentat déjoué depuis le début de l’année, non, c’est encore trop tôt, il ne faut pas commercialiser les téguments du grizzly avant de l’avoir occis. Notons d’ailleurs que l’utilisation habile de l’adjectif « premier » nous laisse entendre qu’il y en aura d’autres, moins intéressants, certes, puisque ce ne seront plus les premiers, ni les derniers, sauf peut-être l’un d’entre eux, mais la source proche de l’enquête ne manquera pas de leur trouver à chacun un adjectif approprié qui permettra de les hausser sur le piedestal de l’AFP à l’heure dite. Nous pourrons ainsi avoir, l’attentat LE PLUS MEURTRIER déjoué depuis le début de l’année, l’attentat LE PLUS TERRIFIANT déjoué depuis le début de l’année, voire même l’attentat LE PLUS MACHIAVÉLIQUE déjoué depuis le début de l’année. Bien sûr, plus nous nous approcherons de la fin de l’année, disons à partir du 1er juillet 2018, l’expression « depuis le début de l’année » sera remplacée par des équivalents (au regard de l’audimat) : depuis le début de la décennie, depuis la chute du mur de Berlin ou depuis la nomination de monsieur Macron. 

Une chose est certaine, l’AFP aura toujours de quoi se nourrir quelque soit le moment dans l’année et cela est la seule chose qui vaille la peine d’être retenu.


20 janvier : selon une source proche de l'enquête

Selon une source proche de l’enquête… Cette expression lue et relue dans la presse, entendue à la radio, à la télévision m’interpelle.

D’abord est-ce toujours la même source ? Probablement pas. Des enquêtes ont lieu partout en France et dans le monde, il est physiquement impossible qu’une source se déplace ainsi, suivant l’actualité et les enquêtes. Il y a donc plusieurs sources. Par contre il y en a toujours une proche de l’enquête en cours. Alors je me demande si les enquêteurs, quels qu’ils soient, et où qu’ils soient, ne s’installent pas systématiquement près d’une (ou de plusieurs) source(s) ! Certaines sources sont même proches du dossier… c’est dire si les enquêteurs n’hésitent pas à s’en rapprocher de très très près ! Alors je me dis que, peut-être, un enquêteur qui n’enquête pas est-il en quête d’une source, au cas où il devrait enquêter, afin qu’alors une source proche de l’enquête puisse nous livrer quelques infos sur l’enquête. Oui car ces sources proches de l’enquête sont précieuses : elle laissent filtrer des infos… les distillent… au compte-goutte. Et nombreux sont ceux qui vont puiser l’information auprès de ces sources proches de l’enquête. Ces sources proches de l’enquête ont aussi une particularité : on ne les connaît pas, on ne sait pas où elles sont (mais proches de l’enquête quand même !), on ne sait comment elles sont alimentées, par quels tuyaux, quels canaux, quel réseau souterrain. Ce que l’on sait, c’est où ces sources s’alimentent : auprès de l’enquête. Et comme elles en sont proches, c’est assez facile.

En tout cas, ces sources, proches de l’enquête, se tarissent avec la fin de l’enquête. Sans doute attendent-elles alors une autre enquête pour s’alimenter à nouveau…


12 janvier

"Nous défendons une liberté d'importuner indispensable à la liberté sexuelle"

Extrait d'une publication dans le Monde du 9 janvier par un collectif de cent femmes.



9 janvier : compagnon de route à perte de vue

Reçu de mon ami Dominique Dumond :

"Après 20 mois d'attente
 et plusieurs semaines de répétitions intensives,
 Monty entre en scène dans ma vie.
 C'est déjà une star..."



4 janvier : pour bien commencer l'année, une histoire de boutons rouges...


1er janvier

2017 est mort, vive 2018. On oublie et on espère.

On était à un enterrement, on se retrouve à un baptême. 

À peine lancée une poignée de terre sur l’année écoulée, en un clin de deuil, le trou se transforme en fonds baptismaux.
Le cercueil remonte, c’est une boîte de dragées.
Les vers de terre se font serpentins, les poignées de mains embrassades.
Les chrysanthèmes virent aux lys, le crêpe se transforme en dentelle.

On assiste à une vaste opération de blanchiment de peine :

L’ébène se déguise en bouleau,
le beurre noir en caresse,
le jais se fait porter opale
et l’encre redevient sympathique.

L’orthographe se refait une beauté :

Le mot condoléances s’écrit désormais v-o-e dans l'o-u-x,

et son inséparable sincères m-e-i-deux-l-e-u-r-s.