VINCENT ROCA
 
1er novembre

Rien à dire en novembre
Non, je garde la chambre
Je m'engourdis les membres
Sans apport de gingembre






Coke en stock


8 novembre : SNCF, Surtout Nulle Compensation Financière...

C’est l’histoire d’une grande entreprise du service public, qui fait rouler des bétaillères sur des rails de fer et y transporte des entités voyageuses. Quand les bétaillères sont bondées, franciliennes, bringuebalantes, et à horaires plus que variables, elles sont appelées RER. Quand elles sont silencieuses, rapides, chères, nationales, à horaires en principe fixes et à réservation obligatoire, elles sont appelées TGV. Enfin quand elles sont multilingues et relient des capitales finger in the nose par dessous la Manche, elles s’appellent Eurostar. Toutes ces bétaillères font de leur mieux pour acheminer comme on dit les usagers jusqu’à leur point d’arrivée, le plus rapidement possible suivant leurs possibilités techniques, autant dire qu'elles se manient le train. D’où leur nom : train.
 
Or donc, ce 7 novembre 2012, l’Eurostar parti de Londres à 19H01, arrivait sans ambages aux abords de la Gare du Nord, quand, trou la la itou, le train s’arrêta, en pleine nature. Le chef de train nous explique qu’il y a des individus sur les voies et que, par voie, justement, de conséquence, tout accès à la Gare est bloqué. Petite précision pour nous rassurer : nous ne sommes pas les seuls, il y a huit trains arrêtés devant nous. Nous faisons la queue, en somme, et nous devons prendre nos malles en patience et bien sûr, ne pas tenter d’ouvrir les portes… Quelques petits quarts d’heure plus tard, trois tout au plus, le chef de traintrain nous annonce que la SNCF, dans sa grande bonté, nous offre, pour nous faire patienter, des boissons fraîche en voiture bar, enfin, il ne faut pas exagérer, disons de l’eau, fraîche. Puis, après deux autres quarts d’heure, ce sont des barres chocolatées qui sont mises à notre disposition à la voiture bar. Quelques passagers, pas plus affamés ni assoiffés que vous et moi, mais je vous rappelle que nous sommes dans une bétaillère, il fallait donc bien s’attendre à des comportements de veaux, de vaches, de cochons ou de couvées, se précipitent, et reviennent quelques minutes plus tard, soit radieuses, les poches pleines de victuailles, soit piteuses, la queue entre les jambes… je n’ose imagnier la foire d’empoigne à la voiture bar.
 
L'attente dépasse maintenant les deux heures. Un membre du personnel d’Eurostar (le chef ? Ou l'envoyé du chef ?), souriant et sûr de son fait, passe dans notre wagon et, répondant à une question d'un voyageur, prévient que, malheureusement, aucune compensation financière ne sera octroyée par la SNCF puisque la cause des perturbations est étrangère à l’entreprise : vous comprenez, des gens sur les voies, nous n'y pouvons rien ! Et le contrôleur d’ajouter à la cantonade, je cite : « Vous n’avez qu’à vous en prendre aux racailles des banlieues… »
 
Ah que ce "racailles de banlieue" sonne bon la franchoullardise, la beauferie, la bêtise de base !
 
Après une petite enquête immobile sur le net, j’apprends que quelques heures auparavant, une rame du RER B a eu un léger, « problème technique », autant dire une histoire de caténaire, et que cette bétaillaire, du coup, est restée bloquée une bonne heure, à quelques mètres d’une station. Les voyageurs, non informés, ont craqué et forcé les portes pour rentrer chez eux.
 
Ce qui donne, dans l’ordre chronologique :
1. RER bloqué pour cause de rupture de caténaire. Responsabilité : la SNCF.
2. Une heure d’arrêt pour ce train. Pas d’information. Voyageurs excédés. Responsabilité : La SNCF.
3. Des voyageurs forcent les portes du RER et s’égayent sur les voies. Trains non hermétiques. Responsabilité : La SNCF.
4. Trains bloqués autour de la Gare du Nord. Responsabilité : Les gens sur les voies.
 
Les points 1, 2 et 3 disparaissent comme par enchantement dans les communiqués de la SNCF, ne reste que le point 4, responsabilité : les racailles de banlieue, donc pas de compensations financières, CQFD !
Une entreprise de quoi, déjà ?
De service public ?


Échange de mails avec le Service Voyageurs d'Eurostar : 

 Correspondance Eurostar

Le temple du soleil 


20 novembre : Moteur... Action... Copé !

Le 7 octobre, dans ce journal (voir dans Archives), mon sens politique éclatait à la face du monde. J'évoquais Jean-François Copé en ces termes : "Avant le mois de novembre où l'armada Fillon l'enverra faire la traversée du désert en solitaire..." Quelle perspicacité, quelle faculté d'anticipation ! Aujourd'hui, après force empoignades, coups bas et tirages de maillot, le Copé en question a creusé son Fillon et décroche le pompon avec une centaine de voix d'avance. Voici donc ma deuxième prévision politique : l'UMP va éclater en deux morceaux :

L'UMcoP et l'UMpacoP. 

Les paris sont ouverts...

Le chemin le plus court pour aller de l'UMP au FN ? La ligne droite décomplexée...


Le trésor de Rackam le Rouge