VINCENT ROCA
 
1er décembre

Panier décembre
D'oeufs décembre
Foie décembre
Câpre décembre
Steak décembre
Frites décembre
Ceps décembre
Huîtres décembre
Nèfle décembre
Quiche décembre
Punch décembre
Flouze décembre
Fraise décembre
Cahors décembre
Quetch décembre
Seiche décembre
Dînette décembre
Transit décembre
La teuf décembre
Vin décembre
Vin d'tannin décembre
Vin vieux décembre
Vin d'noix décembre
Vin âpre décembre
Vin fin décembre
Vin gris décembre
Vin sec décembre
Vin cuit décembre
Vin neuf décembre
Crampes décembre
Crampes et fin décembre

L'étoile mystérieuse


6 décembre : Aciérie pour aujourd'hui !

Montebourg, Ayrault, Hollande, les syndicats : tous harceleurs Mittal...

Chanson à la manière d'Eddy Mitchell :

"Elle est bien torpillée,
 Comme une barre laminée,
 Acculée, sous le choc,
 La la la
 Elle rêvait qu'elle fondait
 Juste des bouts d’acier
 Qu’elle en avait des stocks
 La la la la
 Il sembl’ qu’ils ont eu sa peau
 L’usine couleur metallos
 Délaissée par le pouvoir
 Couleur crématoire
 Les socialos n'y ont pas cru
 Ils se sont assis dessus
 Cette fois l’usine est à l’eau
 Couleur metallos"

Tintin au pays des soviets


10 décembre

Ce matin dans le bus parisien 96, entre Saint-Fargeau et Henri Chevreau, deux femmes s’étripent. L’une est montée par la porte du milieu du bus, en traçant sa route à la machette, l’autre se sentant agressée lui suggère de s'excuser… Les noms d’oiseaux volent, très colorés mais pas des plus élégants, on en vient aux mains, le téléphone portable de la seconde tombe par terre, on le cherche, on soupçonne la cantonade de l’avoir chouravé, un monsieur, n’ayant pas du tout suivi le déroulement de l’altercation, s’en prend à la seconde, l’accusant d’être impolie, vous comprenez, il y a des enfants qui vont à l’école, une dame calme le justicier en lui expliquant que la première personne est une habituée du fait, le tout dans les balancements du bus, les frottements de cartables, les cognements de poussettes, les gazouillements de mp3… les joies du 96, à huit heures d’un matin gris parisien. Et moi dans tout ça ? Le silence comme une armure. L’armure, toujours l’armure…

L'affaire Tournesol


11 décembre : une histoire de tag

C'est un passage paisible, dans le 20ème arrondissement de Paris : le passage Boudin. Au début du passage, côté rue Alphonse Penaud, a été peint un tag couvrant une grande partie du mur :


Une personne, sans doute bien intentionnée, a "sur-tagué" le premier tag en inscrivant :


Sur la photo ci-dessous, prise quelques années après la première, on remarque d'inévitables modifications (rajout en noir aux pieds du personnage assis, écriture rouge, à droite de la porte, effacée, remplacée par une bleue (et le joli petit sac en plastique rose posé sur le caniveau qui s'est envolé !)... les murs, comme les caniveaux, ont une vie, rien que de très normal. Toutefois, la phrase ci-dessus, que l'on peut voir à gauche de la fenêtre,  est d'une autre nature puisqu'elle parle du mur lui-même.


Il me vient ces remarques perfides :
1. La personne qui a tagué cette phrase, pense.
2. Il faut croire qu'ele pense que le fruit de sa pensée peut intéresser le monde. Non parce que venant d'elle, la pensée n'est pas signée, mais en tant que pensée universelle. Elle inscrit donc sa pensée sur le mur. 
3. Elle pense que le mur est beau, "enfin", elle n'est pas tout à fait sûre de son jugement, et, manifestement, elle pense que son doute peut également intéresser le monde. Elle écrit donc tout ça sur le mur. Ainsi les passants qui, à l'occasion, jettent un coup d'oeil sur ce mur du passage Boudin, doivent, depuis peu, faire avec cette "pensée" provenant d'un cerveau inconnu mais soucieux d'exister.

4. C'est alors que, me laissant moi-même aller à la pensée, je pose cette terrible question :
- CETTE PENSÉE RAJOUTÉE NE REND-ELLE PAS LE MUR MOINS BEAU
Si c'est le cas, et je pense, personnellement, sans aucun doute là-dessus, que c'est le cas, cette inscription rajoutée s'annule d'elle-même, bien qu'écrite à l'encre débile indélébile... 
5. À moins que ce soit plus subtil que ça... La personne écrit dans un premier temps : "Ce mur est beau." Puis, regardant ce qu'elle vient d'écrire et réalisant qu'effectivement le mur lesté de cette inscription en devient moins beau, elle rajoute judicieusement : Enfin, je pense. Nous aurions donc affaire, ici, à un cas remarquable d'autocritique spontanée qui rend l'auteur de ce graffiti déjà beaucoup plus sympathique...
6. Néanmoins, si c'est le point 5 qui représente la vérité, il faut remarquer que la personne, en rajoutant, "Enfin je pense" aggrave le côté "moins beau" du mur, ce qui la rend à nouveau moins sympathique...
7. 
On dit "les murs ont des oreilles". Cette histoire nous montre qu'ils ont parfois une bouche et qu'il faut s'y reprendre à deux fois quand on se targue de les faire parler... 

 Passage Boudin

Le dessin du jour est une des planches de "Tintin et l'Alph-art"
planche de travail, taguée et sur-taguée., travail interrompu par le décès de Hergé, le 3 mars 1983.


12 décembre : une maladie hélas courante, le Berry-Berry

Il y a peu, monsieur Richard Berry est venu assister au spectacle "Sacco et Vanzetti" de Dau & Catella au théâtre du Petit Hébertot à Paris. Pour ceux qui ne le sauraient pas, monsieur Richard Berry est un comédien que les amateurs de cinéma ont pu voir dans quelques films et téléfilms, tournés entre 1972 et aujourd'hui, et que les amateurs de théâtre ont pu également voir sur les scènes françaises. 
Ce jour-là, donc, l'agent de monsieur Richard Berry téléphone au théâtre afin de réserver une place. Enfin... une invitation.
Le soir, peu avant 20h, monsieur Richard Berry franchit la porte du Petit Hébertot, file droit jusqu'à la caisse, s'accoude au comptoir et toise la personne responsable de la billeterie, sans pronnoncer le moindre mot. La personne à la caisse, prévenue de la venue du comédien et, par chance, le reconnaissant, lui remet son invitation, non sans avoir, au préalable, ravalé sa salive... Monsieur Richard Berry, toujours muet, prend son ticket et rentre dans la salle.

Voilà. C'est tout.
Monsieur Richard Berry est l'auteur d'un film, tourné en 2003, intitulé :
"Moi, César, 10 ans ½, 1m39". 
L'histoire du jour pourrait faire l'objet d'un court-métrage, visible par les mal-entendants, qu'on intitulerait :
"Moi, César Berry, 62 ans, bourrichon monté à 2m50"

Tintin au Tibet


15 décembre : Astairoïde

Après avoir joué à Broadway 260 représentations de la revue The Band Wagon, puis 248 représentations de la comédie musicale The Gay Divorcee écrite par Cole Porter, Fred Astaire, intéressé par le cinéma, se présente aux studios RKO en janvier 1933 pour faire un bout d'essai, à la suite duquel un anonyme du studio rédige ce mémo :

« Can't act. Slightly bald. Also dances. »

Ce qui donne en français :
« Ne sait pas jouer la comédie. Un peu chauve. Danse aussi. »

J'aime beaucoup : "Also dances" ! Appelons ça du discernement...


Vol 714 pour Sydney


16 décembre : boxe critique !

Monsieur Éric Libiot, journaliste à L'Express a écrit un article élogieux sur "Vite, rien ne presse !" que l'on peut lire à la page spectacle de ce site. Néanmoins il utilise, dans son chapeau, une expression qui me titille l'ego : "spectacle à l'ancienne". Prends-toi ça dans ta gueule ! Et, pour enfoncer le poing, il ajoute quelques lignes plus loin : "avec ce genre de spectacle à l'ancienne". Et un crochet du gauche ! J'ai bien compris qu'il s'agissait d'une sorte de compliment, une manière de dire que je me démarquais de mes collègues "à la nouvelle", qu'il n'y avait pas dans mon spectacle de sketch sur le téléphone portable ou la file d'attente à la poste. Ah, voilà, le mot est lâché : SKETCH ! Même s'il n'y en a pas, le mot est écrit, noir sur blanc : SKETCH. Et un uppercut en pleine poire ! OK pour l'article, mais j'en suis resté KO. Au tapis. Le tapis des recettes à l'ancienne, des spectacles façon grand'mère, et des auteurs vide-greniers !
Signé : Vincent la Brocante.

Le secret de la Licorne


29 décembre : Mots de gorge...
 
 Quatre jours sans voix, le comédien s'en voit !


Le laryngé de la nuit, avec Rhum frais Bogart et l'ORL bancal...

Trac et trachéite...

Microbes de chambre...

La glotte de fiasco.
 
Extinction du domaine de la luette.
 
Prélude à l'après-midi d'un aphone, concert salle Glaviot.

Mutilé de glaires…

Glaires de trachée.
 
Nom de glaire : "deuil de larynx".

Le pouvoir aux mollards.

Radio de la gorge : RMC (Rhum, Miel, Citron).

Le tout pour la toux.

Bron-chiite ou bron-sunnite : les deux bronches de l'Islam.
 
Toutes les voix mènent au rhum...

Miel : sucre-gorge ou soutien-gorge ?

Mi-crobes mi-floraison...
 
Mais que fait la propolis ?
 
Le premier rhum dans les spasmes : Youri Gargarisme…

Égosille-toi, le miel t'aidera.
 
Avec le thym, va, tout s’en va...
 
Signé : Vincent Van Grog

Tintin au Tibet (montage)